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Le triomphe de la diversité camerounaise

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Le défilé civil du 20-Mai inclut toujours des troupes dansantes et chantantes…

issues des différentes régions du Cameroun. Pour le président Biya, cette diversité culturelle constitue une richesse qu’il convient de valoriser à l’échelle internationale. Depuis quatre décennies, il s’est évertué à faire reconnaître officiellement le patrimoine immatériel du Cameroun comme un ciment national.

C’était à Paris, sous un soleil généreux qui ne parvenait pas à dissiper le froid de novembre. Le président Paul Biya était arrivé au siège de l’UNESCO, accompagné d’un petit groupe de collaborateurs, pour participer au Forum des dirigeants de cette vénérable institution des Nations unies (ONU).

LE MONDE ENTIER À L’ÉCOUTE DU SPHINX DE YAOUNDÉ

C’était en 2015, année de la célébration des 70 ans de l’ONU et de l’adoption des 17 Objectifs de développement durable destinés à assurer la paix et la prospérité des peuples et de la planète à l’horizon 2030. Le moment était d’une grande solennité. Personne ne savait ce que le chef de l’État camerounais allait dire.

Le président Biya à la tribune de l’UNESCO pour un discours mémorable sur la culture, en 2015

Prononcé dans un contexte marqué par la recrudescence des menaces sécuritaires et identitaires, le discours de Paul Biya formalisait une vision multidimensionnelle et stratégique de la culture. Celle-ci y était théorisée comme le pivot d’une souveraineté retrouvée, un vecteur d’humanisme universel et un rempart contre l’obscurantisme. Le « Sphinx de Yaoundé » — surnom donné à Paul Biya dans les cercles diplomatiques — utilisait sa tribune pour exposer sa pensée politique, articulant identité endogène et universalisme afin d’ériger l’action culturelle en instrument de paix et de réhabilitation géopolitique.

Le “Sphinx de Yaoundé” utilisait sa tribune pour exposer sa pensée politique.

LA CULTURE SELON PAUL BIYA

Pour Paul Biya, la culture est d’abord un vecteur de réhabilitation historique et d’humanisme. Son discours posait ainsi la culture comme le socle de l’affirmation de la personnalité africaine. Il soulignait le rôle historique du système des Nations unies, et de l’UNESCO en particulier, dans le soutien à l’indépendance politique du continent et la préservation de son patrimoine.

Selon Paul Biya, la culture est le canal par lequel l’Afrique transcende des siècles de subordination et de souffrances pour réintégrer pleinement la communauté des nations.
Cependant, ce retour ne s’effectue pas dans une posture de passivité réceptrice : l’Afrique apporte au monde son propre humanisme, forgé par le respect de la dignité humaine, la fraternité et la solidarité. La culture devient ainsi une ressource philosophique dynamique, capable d’offrir des correctifs moraux aux déséquilibres de l’ordre mondial contemporain en promouvant une justice globale plus solidaire.

Selon Paul Biya, la culture est le canal par lequel l’Afrique transcende des siècles de subordination et de souffrances.

LA CULTURE COMME REMPART CONTRE L’EXTRÉMISME

Ensuite, la culture est un rempart éthique et pragmatique contre l’extrémisme violent. Face à la menace asymétrique de groupes terroristes tels que Boko Haram, elle constitue également une arme défensive particulièrement efficace. Faisant directement écho à l’Acte constitutif de l’UNESCO — qui stipule que c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix —, le président camerounais identifie la culture et l’éducation comme les véritables armes de destruction massive de l’ignorance. Dans cette optique, il définit implicitement la culture par sa capacité à promouvoir la tolérance, le dialogue intergénérationnel et interreligieux, ainsi que le respect de l’altérité.

Elle s’oppose ainsi point par point au nihilisme terroriste. Valoriser la diversité culturelle revient alors à désarmer idéologiquement l’extrémisme violent, faisant de la politique culturelle le complément indispensable et durable de la réponse militaire sur le terrain.

FAVORISER LE DIALOGUE DES CIVILISATIONS

Troisième élément de son discours : la culture est ce qui permet de construire un universalisme de convergence et de favoriser le dialogue des civilisations. Cet aspect de sa réflexion met en lumière une dialectique subtile entre le particularisme culturel et l’universalisme. Dans la pensée de Paul Biya, l’identité culturelle africaine ne s’inscrit pas dans une logique de repli autarcique ou de confrontation identitaire.

Au contraire, le chef de l’État camerounais prône un universalisme de convergence où les valeurs endogènes de l’Afrique s’harmonisent naturellement avec les idéaux universels de paix et de coopération internationale. À ses yeux, la diversité culturelle n’est pas un facteur de division, mais la condition même d’un dialogue authentique entre les civilisations. C’est en étant solidement ancré dans sa propre matrice culturelle que le citoyen peut s’ouvrir sereinement à l’universel.

Le président Biya s’attache à valoriser les cultures locales comme des richesses nationales et non comme un simple folklore
UNE FORCE DE RÉHABILITATION POUR LE CONTINENT AFRICAIN

En somme, la vision de la culture déployée par Paul Biya à l’UNESCO transcende la simple dimension esthétique pour revêtir une portée géopolitique majeure. Elle se décline comme une force de réhabilitation pour le continent africain, un bouclier éthique contre l’intolérance dogmatique et le ciment d’un multilatéralisme renouvelé. La culture s’impose, en définitive, comme l’infrastructure invisible mais fondamentale sur laquelle repose toute architecture de paix et de développement durables.

Cette analyse politique et philosophique de la culture selon Paul Biya est indispensable pour comprendre pourquoi il conçoit la diversité comme une richesse nationale et pourquoi il a fait du 20-Mai un creuset des cultures camerounaises et un levier d’unité nationale.

La culture s’impose comme l’infrastructure invisible sur laquelle repose toute architecture de paix.

LA RICHESSE D’UN CONTINENT CONCENTRÉE DANS UN SEUL PAYS

Rares sont les pays au monde qui peuvent se prévaloir d’une diversité culturelle aussi dense et aussi visible que le Cameroun. Plus de deux cent soixante groupes linguistiques identifiés, dix régions aux identités géographiques, historiques et culturelles profondément distinctes, une coexistence de trois grandes traditions religieuses — l’islam sahélien, le christianisme et les spiritualités traditionnelles des forêts et des savanes —, ainsi que deux héritages linguistiques issus de la colonisation, français et anglais, qui ont façonné, au sein d’un même État unitaire, des cultures politiques, juridiques et pédagogiques différentes.

C’est d’ailleurs cette complexité extraordinaire qui a valu au Cameroun la formule popularisée par Benoît XVI lors de sa visite de 2009, puis reprise par Léon XIV lors de son voyage d’avril 2026 : « l’Afrique en miniature ». Non comme une réduction, mais comme la reconnaissance d’une richesse qui est celle du continent tout entier concentrée dans un seul pays.

Le pape Benoît XVI, ici avec le président Biya, avait résumé la diversité culturelle du Cameroun par la formule : “L’Afrique en miniature”
LE 20-MAI, JOURNÉE DE LA DIVERSITÉ CULTURELLE

Le 20-Mai, fête nationale de l’Unité, est le moment annuel où cette diversité se donne à voir dans toute son ampleur — non plus comme un problème à gérer ou une menace à neutraliser, mais comme un patrimoine à célébrer, à exposer et à transmettre.
Danses des Grassfields, tenues d’apparat des lamidats peuls, percussions beti du Centre et du Sud, chants polyphoniques des communautés baka, masques et pagnes bamilékés de l’Ouest, costumes traditionnels des peuples côtiers du Littoral : le défilé du 20-Mai est, dans sa dimension culturelle, une exposition vivante du patrimoine immatériel camerounais, un musée en mouvement ouvert sur la rue et accessible à tous.

Un carré représentant l’aire culturelle du Centre-Sud-Est

Sous la présidence de Paul Biya, depuis novembre 1982, la politique culturelle camerounaise a connu une évolution majeure : elle est passée de la simple tolérance de la diversité à sa valorisation active comme instrument d’unité nationale et de rayonnement international. Cette évolution s’est traduite par une série de décisions institutionnelles, législatives et diplomatiques dont il convient de retracer la chronologie et de mesurer la portée.

Sous la présidence de Paul Biya, la politique culturelle camerounaise est passée de la simple tolérance de la diversité à sa valorisation active.

L’HÉRITAGE DES GRANDES CIVILISATIONS PRÉCOLONIALES

L’héritage précolonial du Cameroun est celui d’une mosaïque de civilisations. Il faut remonter bien avant la colonisation allemande de 1884 pour mesurer l’ampleur de la diversité culturelle de ce pays aujourd’hui appelé Cameroun. Ce territoire était, au moment des premiers contacts avec les Européens, le lieu de coexistence de plusieurs grandes civilisations africaines, chacune ayant développé des systèmes politiques, artistiques et spirituels d’une remarquable cohérence.

L’héritage précolonial du Cameroun est celui d’une mosaïque de civilisations.

Au nord, les sultanats et les lamidats peuls, héritiers du djihad fulbé du début du XIXe siècle et de l’influence du califat de Sokoto, avaient édifié des États structurés autour d’une cour royale, d’une architecture de palais en terre battue, d’un artisanat du cuir et du métal d’une grande finesse, ainsi que d’une tradition orale poétique — les épopées peules — dont la richesse est reconnue par les ethno-musicologues du monde entier.

Califat de Sokoto

Les sultanats du Mandara dans les montagnes de l’Extrême-Nord, les royaumes kotoko autour du lac Tchad ou encore les lamidats gbaya de l’Adamaoua constituaient autant d’entités politiques dotées de traditions culturelles spécifiques que la colonisation n’a pas effacées.

À l’ouest, les royaumes des Grassfields bamilékés constituent l’une des civilisations africaines les plus originales et les moins connues du grand public. Chaque chefferie — et il en existe plusieurs centaines dans la région de l’Ouest, de tailles très variables — forme un univers culturel quasi autonome, avec ses propres masques sacrés, ses danses rituelles, son tissu de ndop — cotonnade teinte à l’indigo selon des motifs signifiant le rang et l’appartenance —, ses sociétés secrètes et ses rites initiatiques.

Chaque chefferie forme un univers culturel quasi autonome.

UNE TRADITION ROYALE QUI REMONTE AU XVIe SIÈCLE

Le sultan des Bamoun, à Foumban, est le gardien d’une tradition royale qui remonte au XVIe siècle et qui a produit l’un des faits culturels les plus extraordinaires de l’histoire africaine : la création, au début du XXe siècle, par le sultan Ibrahim Njoya, d’une écriture propre aux Bamoun — le shu-mom — dotée de son propre système de signes, de sa propre grammaire et de sa propre littérature. Cette écriture, unique en son genre en Afrique subsaharienne, est aujourd’hui inscrite au patrimoine de l’UNESCO.

Dans la forêt équatoriale du Sud et du Centre, les peuples beti — Ewondo, Bulu, Fang — ont développé des traditions de conte oral, de sculpture sur bois et d’organisation sociale qui structurent encore aujourd’hui la vie des villages. Plus profondément dans la forêt, les communautés baka — que l’anthropologie désigne parfois sous le terme de pygmées — ont élaboré, au fil de millénaires de coexistence avec leur environnement, une connaissance de la flore médicinale, des migrations animales et des techniques de chasse d’une précision que les botanistes et les zoologues modernes ne peuvent qu’admirer. Leurs polyphonies vocales — notamment les chants yodlés appelés hindewhu — ont influencé des musiciens contemporains du monde entier.

DES MINISTÈRES DÉDIÉS À LA CULTURE

La politique culturelle camerounaise s’inscrit dans un cadre institutionnel qui n’a cessé de se renforcer. Le tout premier ministère chargé de la culture est créé en 1968 sous le nom de ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation professionnelle — une dénomination qui traduit le rang encore secondaire accordé à la culture, alors intégrée à un ensemble plus vaste dominé par les questions éducatives.

En 1975, sous Ahidjo, est créé le ministère de l’Information et de la Culture, qui restera en place jusqu’en 1992. Dans le contexte des réformes liées à la démocratisation et au retour du multipartisme, il est alors rebaptisé ministère de la Culture. En 2011, sous Paul Biya, il prend son nom actuel : ministère des Arts et de la Culture. Cette appellation marque une évolution conceptuelle significative : les arts, dans leur dimension créatrice et vivante, précèdent désormais la culture dans l’intitulé ministériel, soulignant que la politique culturelle n’est pas seulement patrimoniale, mais aussi contemporaine et tournée vers la création.

RECONNAISSANCE INTERNATIONALE

Depuis lors, Paul Biya a imprimé à cette politique culturelle une orientation fondée sur un principe central : la diversité culturelle n’est pas un problème à résoudre par l’homogénéisation, mais une richesse à valoriser comme instrument de cohésion nationale. Cette conviction, qui distingue sa vision de celle d’Ahidjo, davantage portée vers l’uniformisation administrative, s’est traduite par plusieurs décisions concrètes.

La diversité culturelle n’est pas un problème à résoudre par l’homogénéisation, mais une richesse à valoriser.

En 1982, dès la première année de sa présidence, le Cameroun ratifie la Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO relative à la protection des biens culturels et naturels. Cette ratification constitue un signal fort : l’État camerounais reconnaît que son patrimoine culturel est une ressource nationale à protéger et à valoriser, et non une simple réalité folklorique à tolérer.
La loi du 18 avril 2013 régissant le patrimoine culturel constitue l’acte législatif le plus complet jamais adopté au Cameroun en matière de politique culturelle. Elle définit les biens culturels immatériels dans toute leur étendue : représentations et expressions littéraires — contes, légendes, proverbes, épopées ou mythes —, formes artistiques comprenant danses, créations musicales, représentations dramatiques et chorégraphiques, arts plastiques et décoratifs, architectures traditionnelles, événements historiques commémoratifs, rituels, initiations et jeux patrimoniaux.

Cette définition très large — qui inclut explicitement les fêtes militaires, les traditions culinaires, les thérapeutiques traditionnelles et les savoirs ancestraux — montre que l’État camerounais entend protéger non seulement les grandes œuvres du patrimoine, mais aussi les pratiques quotidiennes qui constituent le tissu vivant de la diversité culturelle.

L’État camerounais entend protéger les grandes œuvres du patrimoine, mais aussi les pratiques quotidiennes.

SAUVEGARDE DU PATRIMOINE IMMATÉRIEL

En avril 2008, le Cameroun ratifie la Convention de l’UNESCO de 2003 sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Dans l’optique du discours parisien de Paul Biya en novembre 2015, le gouvernement justifie cette démarche en indiquant que « Faire connaître le patrimoine culturel, c’est contribuer à une meilleure connaissance mutuelle entre les communautés présentes sur un territoire, chacune porteuse de sa propre culture, qui grâce à cela peuvent mieux vivre ensemble. C’est favoriser le maintien de l’équilibre social qui implique la reconnaissance, le respect des différences et de l’identité culturelle de chaque peuple. »

La période 2023-2024 marque un tournant décisif dans la politique de rayonnement culturel international du Cameroun. En l’espace de deux années consécutives, deux pratiques culturelles camerounaises sont inscrites sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

LE NGUON, FÊTE DU PEUPLE BAMOUN

Il y a d’abord le Nguon, la grande fête du peuple bamoun, organisée tous les deux ans à Foumban. Cette cérémonie, dont les traditions orales de la cour royale font remonter les origines au XIVe siècle, est à la fois une commémoration historique — célébrant la fondation du royaume bamoun —, un rituel de purification de la ville, un mécanisme traditionnel de règlement des conflits et une exposition des trésors royaux, dont certains, en bronze ou en ivoire, datent de plusieurs siècles.

La remise solennelle du certificat d’inscription du Nguon sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO s’est déroulée le 27 octobre 2020 à Foumban, dans un cadre cérémoniel d’une grande solennité.

La fête du Nguon. Le président Biya a fait inscrire cette cérémonie bamoun au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO
LE NGONDO, FÊTE SACRÉE SAWA

Autre succès diplomatique et culturel : l’inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité du Ngondo, fête sacrée du peuple sawa — les populations riveraines de l’estuaire du Wouri à Douala, comprenant notamment les Douala, les Bakoko, les Mungo et plusieurs autres groupes côtiers.

Organisé chaque année en décembre sur les rives du Wouri, le Ngondo est un rite de communion entre les vivants et les ancêtres, accompagné de consultations oraculaires, de compétitions de pirogues, de cérémonies de purification collective et de danses rituelles.

Le Ngondo est un rite de communion entre les vivants et les ancêtres.

Il constitue le moment privilégié où la communauté sawa renouvelle son alliance avec les forces du fleuve et de la mer, tout en interrogeant les ancêtres sur l’avenir collectif du groupe. Son inscription, en décembre 2024 à Asunción, au Paraguay, lors de la session du Comité intergouvernemental de l’UNESCO, a été saluée comme l’aboutissement d’un long travail de valorisation du patrimoine culturel camerounais.

Concours de pirogues lors de la fête du Ngondo, célébration annuelle de la culture Sawa
PAUL BIYA ET LA VALORISATION DU PATRIMOINE

Ces deux réussites successives ont une portée diplomatique, culturelle et économique qui dépasse le seul prestige symbolique. Elles positionnent le Cameroun comme l’un des pays africains les plus actifs dans la valorisation internationale de son patrimoine immatériel, attirent l’attention des acteurs du tourisme culturel sur les fêtes traditionnelles camerounaises et ouvrent des opportunités de financement international pour la préservation des pratiques inscrites.

La politique culturelle du président Biya revêt donc une importante dimension internationale. Le pays est membre actif de l’Organisation internationale de la Francophonie, des instances culturelles du Commonwealth et entretient une présence soutenue au sein de l’UNESCO, où le ministre des Arts et de la Culture siège régulièrement dans les comités intergouvernementaux consacrés au patrimoine immatériel. Cette présence diplomatique est l’un des vecteurs d’un rayonnement qui dépasse les frontières africaines.

La politique culturelle du président Biya revêt une importante dimension internationale.

UNE VITALITÉ MUSICALE INTERNATIONALE

La musique camerounaise est peut-être le vecteur de ce rayonnement le plus universellement accessible. Le makossa de Manu Dibango, le rap de Ko-C ou de Tenor, l’afrobeats et les sonorités urbaines de Krys M., le bikutsi de Lady Ponce, de Coco Argentée, de Mani Bella ou de Nkodo Sitony, le gospel en langues douala ou beti chanté dans des temples à Paris, Bruxelles ou Montréal : autant de manifestations d’une vitalité musicale camerounaise qui rayonne bien au-delà des frontières nationales.

Manu Dibango
CRÉATIONS D’ART CONTEMPORAIN

Les arts visuels ont également produit des représentants de stature internationale. La peinture de Jean David Nkot, les installations et sculptures de Barthélémy Toguo, ainsi que les créations de Pascale Marthine Tayou — artiste dont les œuvres sont exposées dans les plus grands musées et manifestations d’art contemporain du monde, de la Documenta de Kassel à la Biennale de Venise —, ou encore les créations de la génération de plasticiens formés à l’École de peinture de Foumban constituent les preuves d’une vitalité artistique qui se nourrit des traditions sans s’y enfermer.

Jean David Nkot
Barthélémy Toguo
Pascale Marthine Tayou
LE 20-MAI COMME REPRÉSENTATION VIVANTE DU PATRIMOINE CAMEROUNAIS

C’est dans ce contexte de politique culturelle active et internationalement reconnue que la journée du 20-Mai prend toute sa dimension culturelle. Le défilé de la fête nationale n’est pas seulement un rassemblement patriotique et militaire : c’est une représentation vivante du patrimoine culturel camerounais dans toute sa diversité.

Chaque région présente ses atouts culturels les plus représentatifs — ses danses, ses costumes, ses instruments, ses emblèmes —, transformant l’axe du défilé en une exposition mobile qui dure plusieurs heures et rassemble des dizaines de milliers de spectateurs.

DIVERSITÉ RÉGIONALE

Les délégations de l’Ouest apportent les danses royales des chefferies bamilékées — le takou, les ensembles de balafons et de tam-tams des cours royales —, les masques sacrés qui ne sortent que lors des grandes occasions et les tenues de ndop tissées selon les techniques ancestrales.

Les délégations du Grand-Nord exhibent les tenues d’apparat des cavaliers foulbé — burnous blancs ou bleu roi, selles brodées, harnachements d’argent — ainsi que les danses guerrières des groupes mandara ou toupouri.

Les délégations du Centre et du Sud présentent les danses beti — le bikutsi et ses rythmes syncopés, les chants d’essu — ainsi que les instruments à cordes et à percussion que l’on retrouve dans toute la forêt équatoriale camerounaise.

Les délégations du Littoral font entendre les rythmes du makossa, genre musical urbain né à Douala qui a conquis l’Afrique entière dans les années 1970 et 1980 grâce à des artistes comme Manu Dibango, Moni Bilé ou Petit-Pays.

Le Cameroun anglophone apporte ses propres genres musicaux — le Njang du Nord-Ouest et du Sud-Ouest —, ses danses communautaires des Grassfields et ses tenues hautes en couleur.

L’UNITÉ N’EST PAS L’UNIFORMITÉ

Cette pluralité d’expressions culturelles dans un même espace et un même temps dit quelque chose d’essentiel sur la vision politique qui préside au 20-Mai sous Paul Biya : l’unité nationale camerounaise n’est pas l’uniformité ; elle est la convergence de différences qui se reconnaissent dans un destin commun sans pour autant se dissoudre les unes dans les autres.

L’unité nationale camerounaise est la convergence de différences qui se reconnaissent dans un destin commun.

Chaque délégation régionale défile avec sa propre identité. La question n’est pas de cacher ses origines pour paraître camerounais, mais d’assumer pleinement celles-ci afin de contribuer à la richesse de la nation commune.et plusieurs autres groupes côtiers.

L’ÂME DE LA NATION CAMEROUNAISE

La vision philosophique énoncée par Paul Biya à Paris en novembre 2015 et qui sous-tend sa politique culturelle — la diversité comme levier d’unité nationale et de dialogue entre les peuples plutôt que comme facteur de division — a produit une cohérence de long terme que les changements de ministre ou les évolutions de la conjoncture politique n’ont pas entamée.

Le 20 mai 2026, dans le cadre de la 54e Fête de l’Unité, cette diversité culturelle s’est déployée une fois encore sur le boulevard du 20-Mai et dans les places publiques des dix régions du pays.
Ces manifestations ne sont pas anodines : elles expriment l’âme d’une nation camerounaise plus forte de ses différences et la conviction, largement partagée, que le chemin vers l’unité passe par la reconnaissance plutôt que par l’homogénéisation, et que le triomphe de la diversité culturelle est aussi celui de l’unité nationale.

Le président Biya et la Première Dame applaudissent à l’issue du défilé du 20-Mai en 2026.

Telle est la conviction qui fonde, depuis 1982, la vision culturelle de Paul Biya. Et telle est, en définitive, la leçon la plus durable que le Cameroun peut offrir au reste de l’Afrique.

Le chemin vers l’unité passe par la reconnaissance plutôt que par l’homogénéisation.

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